LES INTRANQUILLES

VIDÉO-DANSE

C’est avec beaucoup d’émotion que je partage aujourd’hui le projet réalisé avec Martin, et pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que c’est un projet qui a demandé beaucoup de travail, qui a débuté il y a maintenant 1 an et qui voit le jour aujourd'hui seulement. Ensuite parce que je suis émue d’avoir partagé ce duo avec Martin, juste avant qu’il ne s’envole vers d’autres aventures. C’est un beau danseur qui mérite de trouver sa place sur scène ou ailleurs, mais ça, je l’ai déjà dit à l’occasion de son portrait... !

Et enfin parce que travailler sur ce duo a soulevé beaucoup de questions pour moi, pour nous et en soulèvera pour tout le monde je pense. Ce travail questionne les corps, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs formes, leurs égratignures, leurs couleurs... Il interroge aussi le rapport d’un individu à un autre, la place de chacun, la puissance de l’un et la douceur de l’autre sans distinction de sexe ou de physique, parce que nous sommes multiples et uniques et que nos différences font notre identité.

Nous sommes LES INTRANQUILLES

Cette expression est arrivée très vite dans nos bouches en répétant, parce que c’est l’énergie que nous ressentions dans ce duo. Je crois que cette phrase exprime assez bien les symptômes d’une époque, d’une génération, jamais tranquille, menacée par beaucoup de choses mais aussi toujours en mouvement, en pleine ébullition, à la recherche et/ou à l’origine d’initiatives, de projets, de nouveaux modes de penser ou de créer pour avancer, s’épanouir et trouver un équilibre.

Nous sommes LES INTRANQUILLES.

Symptôme d’une génération qui va très vite aussi, parfois trop, qui se lasse vite et qui zappe, mais qui est pleine d’énergie.

 

Depuis que je me suis lancée dans les Jolies Rencontres, j’ai découvert une quantité de personnes passionnantes, souvent assez jeunes, qui entreprennent, se démènent chaque jour, travaillent des heures pour faire vivre, avancer et défendre un projet, un art, une passion ou un savoir-faire. 

Ce n’est pas un hasard si je me suis tournée vers l’équipe du Lavoir pour ce projet. A l'origine je cherchais un lieu de tournage, avec assez d'espace pour pouvoir accueillir notre duo. Je suis tombée sur cet atelier et j’ai tout de suite été curieuse de le visiter et d’en savoir un peu plus sur ce qu’il renfermait. C’est en fait un espace créatif hybride, pensé par deux jeunes architectes, Amine et Marin, qui accueille un ensemble de jeunes créateurs, artistes, entrepreneurs… C’est à la fois un lieu de vie et de travail qui a pris place dans un ancien bâtiment industriel d’Ivry. Un lieu dynamique et ouvert qui favorise la création, les projets, la fabrication. Encore une belle initiative qui m’a tout de suite plu. Par chance ils ont été emballés par le projet et ont accepté que le tournage se passe au Lavoir, encore mieux, ils se sont investis et ont participé au projet. J’en profite donc pour remercier toute l’équipe du Lavoir de nous avoir accueillis et de nous avoir consacré du temps, et plus particulièrement Amine pour son aide, son regard extérieur, et la coordination du tournage ; Marin et Riko pour leur patience, leur professionnalisme et les superbes images ; Ludovic et Emmanuel, créateurs de la marque Gueule de Bois, pour le décor, ce grand cube en bois brûlé, dans lequel nous avons pris plaisir à nous enfermer.

Mais avant le tournage, il a surtout fallu de nombreuses répétitions, pour créer la chorégraphie, l’ajuster, la rôder. Nous l’avons composée en plusieurs séquences qui pouvaient s’assembler de différentes manières, selon le l’espace, le décor, ou même le montage vidéo. D’ailleurs, c’est en arrivant au Lavoir que nous avons découvert le cube, créé pour une autre occasion, et que nous avons décidé de l’utiliser. Il a donc fallu adapter la chorégraphie à ce décor qui avait une présence forte mais qui collait parfaitement à notre propos et l’ambiance de notre duo.

La bande son a aussi eu une place importante dans notre travail, l’ambiance et le rythme envoûtants du morceau Easy nous ont beaucoup inspirés. Je remercie donc le groupe Son Lux de m’avoir autorisée à utiliser leur musique et à publier la vidéo avec cette bande son, c’était assez inespéré que des musiciens américains plutôt connus, prennent le temps de regarder mon travail et de me répondre !

J’ai une énorme pensée pour toutes les autres danseuses de la Cie Ardence et pour la chorégraphe Nadine Meyer, qui étaient avec nous dans chaque mouvements, parce que cette gestuelle ne vient pas de nulle-part mais des nombreuses années de danse que nous avons et que nous partageons encore ensemble.

J’en profite aussi pour remercier Armance, ma super copine comédienne, qui a suivi le projet depuis le début et m’a plusieurs fois apporté son aide, ses conseils, son point de vue. 

Et je termine bien sûr en remerciant encore une fois Martin, sans qui ce projet n’aurait pas pu exister. <3

Pour ceux qui l'auraient loupé, vous pouvez découvrir son portrait ici.

Nous sommes LES INTRANQUILLES

PS : Pour aller un peu plus loin… une chanson qui fait écho, je trouve, à toute la réflexion autour des INTRANQUILLES : https://www.youtube.com/watch?v=OUrxirrvhG0

 

ainsi que quelques photos des répétitions...

Crédits photos : Lou P.

© LES JOLIES RENCONTRES 2019

par Lola Pelletier et Justine Tiphaigne